18 juin 2015 : Un appel de l'Angleterre ?

6:30 Rassemblement des troupes et chargement des victuailles pour la journée sous une pluie dérangeante.

6:45 Mise en route du convoi vers Calais.

7:30 Les forces Britanniques contrôlent les identités de chacun avant l'embarquement.

8:10 Notre embarcation "The Pride of Kent" part à l'assaut des vaguelettes ondulant sur la Manche. Les consignes quasi militaires de sécurité à bord du navire ont été moult fois rabâchées. Ne pas être isolé, toujours être rassemblé dans un environnement qui peut être hostile.
Le moral des troupes est bon. Une bonne partie sort l'artillerie lourde et s'attaque déjà au magasin, au risque de gaspiller tout de suite leurs munitions. D'autres, sur la réserve, se replient sur le pont...

10:40 Le temps s'éclaircit et s'accélère. Nous touchons la terre ferme.
Cible à atteindre : Canterbury. Sur la route, pas une Jeep en vue mais un certain nombre de Jaguar, Vauxhall, Aston ou Bentley. Nous sommes bien sur le territoire britannique.
Canterbury n'offre aucune résistance et se livre à nous de manière très agréable. En parlant de Livre, nos compagnons dégainent encore leur porte-monnaie et font une rafle sur les casquettes aux couleurs américaines et sur les cannes à selfie, croyant sans doute gagner du galon en se tirant le portrait !
Mais les troupes marchent au pas et tout se déroule selon les plans.

12:00 Après avoir cassé leur tirelire, nos jeunes cassent la croûte. Les rations sont englouties férocement : sandwich et coca redonnent de l'énergie à nos jeunes affaiblis. Le liquide limpide des bouteilles en plastique est consommé avec parcimonie, principe de précaution sans doute, car l'eau bue éclate.

13:30 Pas de temps à perdre. Les bus rangés en bataille quittent les rangs. Cap sur Dover.

14:30 Une colline surplombe la mer. Sur la crête, Dover Castle, le château de Douvres surnommé "la clé de l'Angleterre". Ses remparts nous défient de loin, mais nous sommes loin d'être déconfits. Par rang de deux, nos jeunes s'avancent prudemment vers cet édifice majestueux. Mon visage fermé s'illumina quand je vis le pont levis ouvert.
Pas plus de résistance qu'à Canterbury. Une horde de jeunes Français prend possession des lieux magnifiques. Le château regorge de mines. Des mines d'informations pour comprendre la vie et la fonction du lieu depuis des siècles. On en prend plein la vue, l'Histoire nous bombarde d'anecdotes. Nos vaillants Français tiennent bon. Pas question de se retrancher derrière la fatigue.

17:30 Notre mission touche à sa fin. Nous nous replions sur la plage de Douvres avant de retrouver une nouvelle embarcation. Ce ne fut pas le jour le plus long, mais il a été bon. Pas le temps de marcher sur Londres, Tower Bridge est un pont trop loin.
Le navire part un peu plus tôt que prévu. Nous serons rentrés au camp avant la nuit.

21:15 Les roues de nos bus caressent l'asphalte du vieux continent. Nous avons tous été touchés par la beauté du Kent. Touchés mais pas coulés heureusement.

21:16 Nos chauffeurs mettent le feu aux poudres, et grâce aux reprises canons de leurs mécaniques bien huilées, ils nous déposent au camp de La Malassise vers 22:30.
Les corps sont fatigués. Les seuls prisonniers à dénombrer sont nos esprits restés piégés par les souvenirs de l'autre côté de la Manche.
On me signale des problèmes de transmission : des pertes matérielles sont à enregistrer, deux téléphones portables désormais hors de portée. Je fusille du regard les personnes concernées. L'appel téléphonique du 18 juin est torpillé.
Le reste de la troupe est enchanté.
Je range ce qui traine.
Je capitule.
Je jette l'encre...